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XXIX° R.I.D.E.F. - RESOCONTO

 

 

XXIX° R.I.D.E.F. - COMPTE-RENDU

 

ÉDUCATION ET PARITÉ DES GENRES”

 

León 23 juillet - 1° aout 2012

 

1. LE THÈME

 

«L'éducation est un droit humain et un outil essentiel pour atteindre les objectifs d'égalité, de développement et de paix. Une éducation non sexiste est tout aussi utile pour les filles que pour les garçons, prépare et préfigure les relations de parité entre les hommes et les femmes.
L'égalité, en ce qui concerne la scolarisation, est nécessaire afin que les femmes puissent être les actrices d'un changement souhaitable.
L'alphabétisation des femmes est importante d'une part pour améliorer les habitudes relatives à la santé, l’alimentation, l'éducation familiale, et d'autre part pour les former à une participation plus active et égalitaire aux décisions qui touchent à la société en général.
Il a été démontré que l'investissement dans le droit à l'éducation pour les filles et les femmes est l'un des meilleurs moyens pour aboutir à un développement durable et une croissance économique élevée et stable dans le temps.
(Déclaration de la Plateforme d'action de Pékin ; IV° Conférence mondiale sur les femmes ; Pékin, 1995)

 

Le thème de la R.I.D.E.F. 2012 répond totalement aux Objectifs du Millénaire, en particulier pour ce qui concerne les objectifs 1 et 2.

- Objectif 1 : garantir un enseignement primaire universel ; faire en sorte que d'ici 2015 chaque enfant, fille ou garçon, de n'importe quel pays, puisse bénéficier d'un cycle complet d'éducation primaire.
- Objectif 2 : promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes.
En éliminant les inégalités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire d'ici 2005 et à tous les niveaux de l'enseignement pour 2015.

 

«La plupart des enseignants dans tous les pays sont des femmes. Cependant leur nombre diminue dès que l’on passe progressivement de l'école maternelle vers les autres niveaux du système éducatif, y compris dans les postes de direction et d'inspection, les femmes sont moins nombreuses. Ainsi, à l'école, comme dans toutes les institutions, l’existence d’une forme de hiérarchie difficile à bannir se confirme.
Il y a très peu d'enseignants qui prennent en charge la première et la plus importante forme d'éducation qui est celle de l’école maternelle, comme si ce n'était pas la base fondamentale sur laquelle les filles et les garçons vont à la rencontre du monde et le reconnaissent à travers le regard des figures masculines et féminines qui les côtoient. L'école reproduit les rôles assignés dans la famille, le soin est associé à la figure maternelle, et l’éducation est confiée à la figure paternelle. Comment changer cela ? Ce sont des questions encore ouvertes. Pourquoi les familles, malgré des résultats scolaires meilleurs pour les filles, préfèrent-elles investir dans les garçons ? Pourquoi ne sont pas dispensés à tous les enseignants, qui seront employés dans les différents niveaux de l’école, la même formation et la même qualification pédagogique et méthodologique ? Pourquoi, lorsqu’on se trouve dans l’enseignement secondaire et supérieur la méthodologie est mise de coté et c’est le cours magistral qui prévaut ? En tant qu’éducateurs de l'école moderne nous devons continuer à poser ces questions de façon à ce que la reproduction continuelle de ces éternelles différences

de rôle et de pouvoir par la société n’apparaisse pas comme la norme.

(Journal de la R.I.D.E.F. n ° 3, Teresa Roda)

Femmes d’abord *

« Est-ce que les femmes s’aiment ?

Il ne suffit pas de parler, il faut agir.

Combien de fois volez-vous au secours de vos voisines ?

Quand laisserez-vous votre suffisance pour panser les plaies de celles qui souffrent encore ?

Accepterez-vous de mettre en commun vos moyens pour aider les autres femmes ?

C’est cela qui donne la force aux hommes de nous malmener et d’ignorer nos droits.

Alors sortons de la cage dorée ! »
( Journal de la R.I.D.E.F. n° 8, KANFITINE Lydia, Togo ; GERRER Alexandrine, France)
(*reprise du texte original en français)

 

Le grand nombre de filles en réussite pour chacun des niveaux scolaires est indiscutable. Ce fut l'un des changements les plus importants de ces trente dernières années ; en seulement deux générations les jeunes filles vivent d'une manière très différente par rapport à leurs ainées, pouvant choisir, au moins en apparence, certains de leurs projets vie. Mais tout en maintenant un stéréotype et un rôle, une mentalité et un comportement de manière à ce qu’ils coïncident autant que possible avec l'idée préconçue selon laquelle les femmes sont nées pour donner du plaisir, servir, guérir, rendre la vie plus facile aux autres, surtout aux hommes qu’ils côtoient dans leur vie. On n’a donc pas intérêt à enseigner l'égalité, et on n'applique pas pour cela les agents de socialisation de la même manière qu’ils sont utilisés pour la situation d’inégalité.
Dans l'enseignement formel, il n’y a pas inégalité des chances ; mais, dans le passage à la vie adulte et active, les inégalités entre les genres continuent à se reproduire : dans la famille, le travail, la culture et dans le pouvoir et sa représentativité.

Inégalité des chances, de traitement, de condition. La population des jeunes adultes, qui en même temps qu’elle les reproduit souffre de ces inégalités, est passée massivement par l'école mixte et semble choisir «librement» son propre destin, un destin «de genre». Que s’est-il passé ? Qui pouvait imaginer qu’un apprentissage sur le même mode (un programme commun) donnerait lieu à des orientations scolaires et professionnelles, des emplois du temps, une répartition des tâches, des goûts et des désirs aussi différents entre les jeunes hommes et les jeunes femmes ?
En fait, ni l'un ni l'autre n’a pu profiter d'une vraie coéducation. Pour des raisons administratives, nous n'avons rien fait d’autre que de les laisser cohabiter pendant de nombreuses années. Et ils n’ont pas appris les mêmes choses en fonction de leurs dispositions particulières face à l’apprentissage, parce qu'ils n’ont appris les entreprises humaines masculines qui constituent le canon à respecter qu’à travers l’usage d’un langage androcentrique, et tout en étudiant et en étant soumis aux examens de façon uniforme, ils se socialisaient petit à petit en rose et bleu, conservant ainsi les conditions de différenciation des sexes : les filles soumises à la loi de l’approbation, pour les garçons la loi de la domination, ce qui peut expliquer qu’un tel «libre choix», aussi classique et répétitif, ne le soit pas mais conduise à un libre consentement au devoir d’être masculin ou féminin.
(Maria Elena Simón Rodriguez, enseignante, formatrice, experte en coéducation et langages de la communication)

 

Pédagogie de la différence

A notre époque, à « l’ère des relations », nous ne pouvons plus continuer à penser selon une logique duelle (formelle) masculin-féminin comme une paire d'opposition. Il faut chercher une nouvelle logique, la «logique de la triade», entendue comme un rapprochement entre homme et femme, chacun ayant sa spécificité, pour trouver, dans l'interface, de nouvelles significations à travers la complémentarité et l'unité dans la diversité.
(Journal n ° 7)

 

 

Je ne le veux pas bleu

Lorsque j'étais petite fille / les contes de fées disaient / que dans ta vie viendrait / un prince bleu.
Je ne le veux pas bleu / Je ne le veux pas bleu / je le veux mauve.
Puis j'ai grandi / les histoires racontaient / que dans ta vie viendrait / un pirate bleu.
Je ne le veux pas bleu / Je ne le veux pas bleu / je le veux mauve.
Puis je suis devenue une femme / les histoires racontaient / que dans ta vie viendrait / un mari bleu.
Je ne veux pas bleu ...
Les personnages masculins des contes traditionnels qui sauvaient les jeunes filles de dangers innombrables ou de vies ennuyeuses étaient des « princes bleus » qui les amèneraient à vivre dans des châteaux merveilleux dans lesquels se terminaient leur vie avec un « et ils se marièrent, furent très heureux et eurent beaucoup d´enfants ».
Des jeunes filles roses pour des princes bleus… Un avenir très prometteur !
Au moment où beaucoup de femmes ont commencé à ne plus accepter qu´on décide de leur avenir, Guillermina Motta a chanté la chanson ci-dessus. Dès leur naissance, dans notre culture, on habille les petites filles en rose et les petits garçons en bleu. Pour les tee-shirts de la RIDEF, on a choisit le violet.
(Journal de la RIDEF n ° 8, Teresa Flores)

 

2. LE PROGRAMME de la R.I.D.E.F.

Les 370 participants de 29 pays sur 4 continents pour les 10 jours de la rencontre avaient à leur disposition un programme varié et structuré qui comprenait :
- une ouverture avec plénière initiale et repas coopératif le lundi soir
- 17 ateliers longs pendant cinq matinées et demie (l'autre moitié du dimanche matin a été consacrée aux activités de la journée forum)
- Plus de 50 ateliers «court» les après-midis, lorsqu‘elles n’étaient pas occupées à des activités de la F.I.M.E.M. ou d'autres initiatives
- des assemblées générales, sur la vie et les initiatives de la F.I.M.E.M., des réunions pour les groupes nationaux
- deux périodes de temps libre après le déjeuner et avant le dîner (souvent dédiées aux rencontres des divers pays, aux préparations de spectacles et de communications, à des moments spontanés, à des présentations particulières, ...)
- des tables rondes et des présentations de livres et de recherches
- des débats au cours de la journée forum avec la participation d'experts
- un cadre avec de multiples présentations, manifestations, expositions
- des soirées consacrées à la pédagogie Freinet, à des spectacles de culture populaire et féminine, à des présentations mutuelles des différents pays et mouvements, aux fêtes
- des compte-rendus des ateliers longs (présentation et représentation des résultats) ainsi que le bilan et l’évaluation de la rencontre en assemblée
- des visites de la ville et une journée consacrée à des excursions dans les environs de la région de Castilla et León

 

Les activités se sont déroulées dans cinq lieux :
- la résidence universitaire Emilio Hurtado pour les logements, la salle des organisateurs, la salle de la F.I.M.E.M. pour les réunions du CA et des espaces communs
- l’établissement du second degré Ordoño II où se tenaient les ateliers, certaines réunions plénières, des expositions
- l’école primaire La Palomera (réunions plénières, fêtes)
- le restaurant universitaire
- un gymnase à côté de la résidence où l’on pouvait voir les expositions thématiques sur les femmes

Certaines rencontres consacrées à la présentation de livres et de recherches sur les maîtres de la II° République ont eu lieu en ville.

 

3. LA PLÉNIÈRE INITIALE

Le thème de la plénière, «Coéducation et éducation des filles, des jeunes femmes et des femmes à l'égalité des chances ». Ouverture par Teresita Garduño, présidente de la FIMEM, salutations du Maire de León et du Conseiller à l'éducation de la région de Castille et León, suivies de l'intervention de Federico Mayor Zaragoza, ancien Président de l’UNESCO, Président de la commission mondiale contre la peine de de la mort.

 

Teresita : «Quand l'école se transforme en laboratoire de la vie, c'est l'esprit qui anime les découvertes dans les domaines des sciences, de l'art, de la langue, de la philosophie, et de la lutte démocratique».
Elle cite Camila Vallejo, de la fédération des étudiants chiliens, qui, il y a plusieurs mois, à l’occasion d’une manifestation, a déclaré: «Les tests PISA ne représentent pas une vraie évaluation, mais le thermomètre des inégalités sociales».

 

Dans son intervention, Mayor dit qu'il y a des moments où on se rend compte qu’on peut changer le cours de l'histoire.
C'est le moment de la rencontre qui est la condition du dialogue : la rencontre est le prélude à une culture du dialogue contre la culture de la violence et de la mort qui a dominé le monde. La culture du dialogue est la culture de la médiation, de l'effort pour rassembler les gens par le «prodige» de la parole. Le problème de l'Europe est le manque d'ouverture, le nombrilisme. L'Occident est la partie prospère du monde, nous sommes moins de 20% de l'humanité ; 80% vivent dans des conditions de plus en plus précaires et inhumaines. Chaque jour, partout dans le monde, 3500 personnes meurent de faim, la plupart sont des enfants. La Constitution de l'UNESCO stipule l'égale dignité de tous les êtres humains. Rédigée juste après une époque lors de laquelle a régné un arbitraire sanglant, elle est le résultat d'un engagement fort entre les générations.

L'histoire de l'humanité est une histoire du pouvoir absolu masculin qui a produit guerres et répressions, laissant les femmes à la marge.
Une série de guerres sanglantes, de batailles, de morts. Personne ne savait ce qui se passait au-delà de 100 km à la ronde, on vivait confiné avec des points de vue resserrés sur le plan cognitif et territorial. On a vécu dans la crainte, sous la perpétuelle dépendance vis à vis des autres, les puissants. La femme ne comptait pas. La Révolution française a été un moment crucial, un autre moment a été celui de la fin de la guerre de 14-18 avec Wilson, Président des États-Unis, qui a mis en avant l'importance de la sécurité pour les humains. Avec Rooselvet a été créé la F.A.O., qui place au premier plan l’alimentation, et, juste après, l'éducation, la science, la culture pour le développement d'une humanité commune.

La vie de chaque personne est une merveille et une espérance, un potentiel créatif. Nous en faisons tous l’expérience, nous avons la capacité de dire non, de construire l'avenir.
Le pouvoir uniformise la mosaïque des peuples et des cultures (ici représentée par les enseignants venus du monde entier et qui sont un espoir), rend grégaire, impose une pensée unique, détourne des choses importantes par le pouvoir des médias.
Chaque personne peut avoir une influence énorme sur les autres. Beaucoup, conditionnés de la sorte, pensent ne pouvoir faire que trop peu ne font rien du tout et renforcent ainsi les formes de domination ; mais si on ne plante pas de graines, il n'y a pas de récolte. On continue de cette manière à être inerte, obéissant, silencieux, soumis, renonçant à son droit à la parole.

Notre histoire est une histoire d’assujettis, nous devons devenir des citoyens capables de construire l'avenir par l’ÉDUCATION.
Être éduqué - avec l’assentiment des tests PISA (auxquels nous devrions moins faire référence) - ne veut pas dire savoir plus de mathématiques, mais être LIBRE et RESPONSABLE. Tel est l'objet du travail éducatif.
Giner De Los Ríos écrit que s’éduquer c’est diriger sa propre vie, agir en vertu de nos réflexions, et non de dogmes ou de dictats qui viennent des autres. Nous avons la capacité de créer, de penser librement, de décider.
La responsabilité c’est agir en accord avec la façon de penser, de vivre et d'agir des autres. J. Delors dans le rapport sur l'éducation au XXe siècle, écrit que l'apprentissage c’est savoir, savoir faire, savoir être, vivre ensemble et apprendre à apprendre.
C’est aussi être capable de se risquer à connaître, à exprimer son point de vue.
L'éducation peut permettre de passer de l’état de sujet soumis à une personne ayant le droit d'expression.
L'expérience personnelle d’acquisition de connaissance la plus intense de ma vie a été celle vécue avec des enseignants africains et des enseignantes africaines.

C’est à partir de la fin de la dernière guerre que se propage l'idée du partage d'expérience avec d'autres, de la coopération internationale, de la solidarité (valeurs soutenues sur les plans intellectuel et moral par l'UNESCO).
En réalité, depuis des décennies rien ne s’est partagé, les «aides» se transformèrent en prêts, en dettes, les dépenses militaires augmentèrent, au fur et à mesure que s’installait la guerre froide.
Certains événements ont été des signes d'espoir : la présidence Mandela, la disparition progressive du racisme, la chute du mur.
Mais les dividendes de la paix n'ont pas rapporté un seul sou aux pauvres. Aux deux blocs s’est substituée l'hégémonie américaine et anglaise, Reagan et Thatcher, qui ont contribué à dénaturer la Charte de l'UNESCO.
Au lieu d'une période de paix, on a la négation de la justice sociale, la prévalence des LOIS DU MARCH
É, l'O.N.U. perd des espaces et de l’importance. Nous avons été entraînés par les «rêves» des mondialistes et maintenant nous en payons les conséquences.
La Charte de l'UNESCO propose de «libérer l'humanité de la peur», mais si la justice ne vient pas, la rébellion est possible.
Nous ne sommes pas à une époque de changements, nous vivons plutôt un changement d'époque.
La rencontre est une exigence essentielle, sous trois conditions:
- la solidarité
- la résistance
- la fraternité
Conditions qui permettent d'atteindre l'objectif d'apprendre à vivre ensemble.
Être éduqué signifie se réapproprier du temps - le dialogue a besoin de temps longs - pour éviter de tomber dans des solutions rapides violentes, le fanatisme, le terrorisme, le dogmatisme.

L'autre danger c’est qu’on veut nous endormir (« nos tienen distraidos »-NTD) pour nous obliger à accepter l'inacceptable. Alors qu’on ne doit jamais l’accepter. Souvenons-nous de Rosa Parks. Le temps du silence et de la soumission est terminé.
Aujourd'hui, nous avons une conscience planétaire, nous savons ce qui se passe partout en temps réel. Il y a beaucoup plus de femmes dans les instances de décision. Grâce aux TIC, nous sommes en mesure de faire entendre notre pensée à distance. Nous pouvons passer de la raison de la force à la force de la raison.
À Montréal en 1998, a été rédigé un plan mondial pour la paix et la tolérance. Nous avons de bons textes comme la CHARTE DE LA TERRE, mais notre démocratie est encore plus formelle que substantielle.

Emiliano Padilla, secrétaire confédéral du M.C.E.P., a mené une analyse lucide des distorsions et de l'appauvrissement provoqués par le néolibéralisme, la Banque mondiale, l'O.M.C., dans le domaine du bien-être, en particulier dans l’alimentation, l’école publique, la santé.
« Après ces quelques jours d'intense amitié et de collaboration, nous partirons avec une énergie renouvelée pour continuer à lutter pour un monde plus juste et une école populaire qui transforme.
Il a conclu avec la chanson de Moustaki « Sans la Nommer »


« Je voudrais sans la nommer
Vous parler d'elle
Comme d'une bien aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
À des lendemains qui chantent
Sous le soleil.
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit, que l'on traque,
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit, qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.
… … ...
Elle est fidèle ;
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle Révolution permanente.

4. LE REPAS COOPÉRATIF

Un cadre composé de couleurs, d’odeurs, de formes, a accueilli les participants dans le restaurant incitant à des promenades entre les tables sur lesquelles chaque pays avait exposé ses produits.
On pouvait déguster des sardines cantabriques, des fromages suisses, du schnaps autrichien, du jambon de montagne du nord de l'Espagne, en passant par les incontournables pâtes italiennes dévorées en un instant. Empanadas et tortillas mexicaines, fejioada brésilienne, saumon fumé finlandais, sushi et petits gâteaux japonais, ont agrémenté une soirée pantagruélique égayée à l'extérieur par un groupe de musiciens et des danses. Autour des tables, et à l'extérieur, de petits groupes discutaient et on assistait aux habituelles retrouvailles, aux échanges de nouvelles personnelles et familiales, de commentaires et d’informations.
Ce premier repas est un des moments sociaux les plus significatifs d'une R.I.D.E.F.
Il permet également une réduction les coûts, en économisant un dîner à la charge des participants.
Un personnel amical a permis l’utilisation de la cuisine pour la préparation des denrées et a proposé son aide pour l’organisation.
Conclusion avec des joueurs de flûtes ... magiques.

 

5. LES ATELIERS LONG

La consigne pour les organisateurs d'une R.I.D.E.F. est de toujours proposer des ateliers de six séances de trois heures et demie chacune se rapportant au thème de la rencontre (à l'exception de la journée portes ouvertes pour laquelle l'activité se réduit à deux heures, et de la dernière séance consacrée à la préparation de la présentation finale par les participants à l’aide des animateurs disponibles pour des conseils, pour procurer du matériel, pour répondre aux questions, pour faciliter la reconstitution du parcours).
Parfois, le lien avec le thème n’est pas très évident ou n’existe pas, mais cette fois-ci, à mon avis, tous les ateliers ont essayé de rendre compte de la spécificité des femmes dans la constitution des connaissances, car le cadre global offrait de nombreuses références à la notion d'égalité des chances.
Un autre aspect, pas toujours facile, consiste à faire coïncider la présence de participants qui s'attendent à des démarches et à des approfondissements liés à une pédagogie qu’ils pratiquent déjà ou qu’ils connaissent bien, avec la présence concomitante d’enseignants et d’enseignantes, venant d'Afrique en majorité, qui s'attendent à une formation/information de base sur les techniques Freinet dans les conditions particulières dans lesquelles ils ou elles exercent. La R.I.D.E.F. n'est pas, en principe, le lieu d’une telle formation, à moins de prévoir une organisation sur deux niveaux, l’une de base et l’autre d’approfondissements (comme ce fut le cas un temps dans les stages M.C.E.), comme certains l'ont suggéré ces derniers mois.
Un autre aspect mal défini est celui de la mise en place d’un moment d’observation qui aiderait à la réflexion sur ce qui est accompli pendant l'atelier à l’aide d’outils comme le journal de bord ou le journal mural, ainsi que le rôle des animateurs à la fin du parcours au moment de la préparation de la présentation finale (essentiellement confiée aux participants ? Prise en charge au moins en partie par les animateurs comme coparticipants ?). Ce sont des points importants qui peuvent s’avérer utiles au moment de l'organisation des activités dans la classe.
Sinon, l’atelier risque d'être une accumulation d’incitations importantes, intéressantes mais limitées au vécu de l’atelier et pas toujours facilement transférables.

Les coordinateurs ont participé à une réunion avec la commission pédagogique du M.C.E.P. le mardi matin avant la présentation des ateliers en séance plénière, mais elle a consisté à communiquer une série d'informations sur la gestion des ateliers, et s’avère trop courte pour réfléchir à une méthodologie harmonisée. L’impossibilité d’accéder aux espaces réservés aux ateliers une journée avant leur commencement et parfois le matin même à cause de la fermeture des salles fut un problème qui a pu être un obstacle et a créé quelques moments de tension.
Ces aspects devront être pris en compte pour la préparation de la R.I.D.E.F. 2014.
La présentation des ateliers par des Powerpoint s'est avérée efficace en plénière et a facilité le choix des participants, étant donné le nombre important de propositions et le temps imparti (7mn par atelier).
L'effort commun des coordinateurs a consisté à faire correspondre la proposition de formation au thème de la R.I.D.E.F., mais il appartiendra au C.A. et au groupe organisateur d’en faire une évaluation. Les avis recueillis des participants n'ont pas toujours correspondu à l'évaluation et, parfois, les participants de l’atelier ont orienté différemment les successions d’activités et certains contenus. Par exemple, en ce qui concerne l’atelier n°1 sur la lecture, la partie programmée plus spécifiquement en rapport avec le thème sur les catégories linguistiques et les genres, a «sauté» à la suite de questions posées par les participants et orientées vers plus de «bases».
Il y a eu un problème de limitation dans les matériels nécessaires aux ateliers, ce qui a conduit à des ajustements et des réaménagements dans les parcours. On nous a incité à limiter au maximum l'utilisation de photocopies. Ceci a eu souvent pour conséquence le sacrifice ou la réduction de la partie
opérationnelle et la présentation finale a ainsi été principalement parlée et dansée, ce qui a donné moins d’importance à d'autres langages et d’autres formes de présentations.
La contribution des différents pays aux propositions d’ateliers a été de : 8 pour l’Espagne (journal et vidéo inclus) ; 2 pour l'Italie, la France, le Mexique et le Brésil; 1 pour la Suisse.
Les ateliers pratiqués ont été :

 

ATELIER 0

Enfants et jeunes

ATELIER 1

La lecture, cette inconnue
Giancarlo Cavinato, Nerina Vretenar (M.C.E.)
Montrer la différence entre former des lecteurs ou des déchiffreurs, dans le cadre du droit à l'alphabétisation et à la lecture pour toutes et tous. Recherches sur les stratégies et les compétences du lecteur ... pour que personne ne soit «prisonnier» de la technique : la lecture est un acte politique.

ATELIER 2

Coéducation
Paulina Gomez Rosado, Rosa Pereda Serrano (M.C.E.P., atelier coéducation)
Qui fait quoi ? Langues et médias : la publicité. La visibilité des femmes : l'histoire, la vie quotidienne. Contes et jeux pour enfants. Violence conjugale. L'éducation affective.
Méthodologie : dynamiques de présentation, de prises de connaissances, de mise en confiance. Présentation d’expériences, de vécus, débat et réflexion.

ATELIER 3

Les techniques Freinet
Sebastian Gertrudix Romero, Jean Denis Sopena (M.C.E.P.)
Cet atelier est une réponse à l'accueil de jeunes participants non initiés à la pédagogie Freinet, grâce à la compétence et l'expérience dans le domaine de la formation de base de deux animateurs.
Méthode naturelle, exploration du milieu, calcul vivant, calcul mental, le conseil, les plans de travail, l'auto-correction ... Les participants pourront expérimenter personnellement l'utilisation de ces techniques.

ATELIER 4

Outils pour l'égalité dans l'enseignement secondaire
Nekane Idarreta Mendiola, Encarna Rosillo Gabaldon (M.C.E.P., atelier 8-15 ans)
À partir d'une éducation aux valeurs, la réflexion sur le genre peut aussi être introduite au secondaire, en développant chez l’adolescent son identité personnelle et sociale.
La classe doit être un espace de rencontre, de relations saines, de vie commune et de développement personnel, d'acquisition de compétences en communication pour exprimer sentiments et émotions.

ATELIER 5

Éduquer à la paix
Juan Garrido Morales, Jesús Maria Martin Gonzales (M.C.E.P., atelier éducation à la paix)
Stratégies pour dépasser les conflits.
Les droits et la solidarité internationale.
La journée scolaire pour la paix et la non-violence.
La vie en commun dans la classe et dans l'école. Le climat scolaire.

ATELIER 6

Peut-on faire des recherches de 0 à 8 ans ? Oui.
Elena Ampuero Lozano, Martín Hernán Garcia (M.C.E.P., atelier 5-8 ans)
Approche de des apprentissages pour un groupe de 0-8 ans par une pluralité de points de vue (la langue, les mathématiques, les arts plastiques, la connaissance du social) en appréhendant la coéducation intégralement et naturellement.

ATELIER 7

Le corps à l'école
Juan Fernandez Platero, Inès Hernandez Martin (M.C.E.P., atelier du corps)
La relation, le contact, le jeu pour constituer le groupe, l'atmosphère positive, la création coopérative. Le corps, le mouvement, le rire, les émotions diminuent les tensions et ouvrent à la spontanéité.

ATELIER 8

Coformation internationale des formateurs
Florence Saint-Luc (I.C.E.M.),
Josè Ramon Torres Baldovi (M.C.E.P.)
Sur le thème : «coéducation» (une recherche-action coopérative cohérente avec la pédagogie Freinet commencée en 2008 au Mexique. L'organisation même de l’atelier, par la coanimation, la coopération, l’approche expérimentale, fait partie de la coformation. La diversité professionnelle et culturelle comme forme d’enrichissement.)

ATELIER 9

Histoires de vie : les personnes présentes et absentes
Waldilia Neiva Cordeiro, Maria Luiza Lima Do Vale, Josè Maria De Moura (Brésil)
- Les personnes dans l'éducation, l'art, la science, la politique... (Freinet, Freire, De Tapia, Roussef, Piaf,...)
- La vie (naissance, filiation, études, autres événements,...)
- Les difficultés rencontrées dans leurs vies personnelle et professionnelle
- Les indicateurs de succès
Méthodologie : biographies, construction de chronologies, livre de vie, affiches historiques, vidéos, entretiens, recherche documentaire, films, documentaires, textes, photos, ...)

ATELIER 10

La situation de la femme au Mexique

Elisa De Tapia, Isolda Zapiain (M.E.P.A.)

(non maintenu pour défaut de participants)

ATELIER 11

Dans quel genre de monde es-tu ? Orientation et points de vues sur le globe local.
Teodora Tomassetti, Stefano Scippo (M.C.E.)
Jouer pour découvrir les ombres et leurs modifications, danser pour comprendre les directions, se souvenir / raconter sa relation avec le ciel, mesurer, réfléchir, mettre en place une manière active de «faire des sciences» pour développer et valoriser les différences individuelles entre les genres. Utilisation libre du globe pour reconsidérer sa propre position sur la sphère terrestre et réfléchir sur l’utilisation des coordonnées géographiques et leurs valeurs géopolitiques.
Méthodologie : observation directe, utilisation de maquettes, travail à l’extérieur, les mains, le mouvement, le chant, les histoires comme moyens de connaissance.

ATELIER 12

Le journal scolaire, moment de libre expression du monde
Leila Fernandez Arruda, Alice Nicassio De Oliveira (Brésil)
Utilisation des principes de l'expression libre du journal scolaire définis par Freinet et de la théorie du groupe de Pichon Rivieri. Le but est d'expérimenter les différents rôles dans le groupe à travers le processus de création du journal.

ATELIER 13

Plusieurs langues, un dialogue

Andi Honegger, Silvia Herzog (Groupe Suisse de l’Ecole Moderne)

Nous, femmes et hommes, éducatrices et éducateurs.

Recherche de parcours pour se comprendre. Expérience de la communication.

ATELIER 14

La femme vue par le cinéma. Un regard sur ses contextes et ses possibilités de formation.
Juan Carlos De Lira Chavez (M.E.P.A.)
Être une femme dans les différentes cultures implique différentes limites au progrès dans des contextes aux codes culturels eux aussi très divers. Ce qui implique, pour la femme, différentes façons de vivre en tant que telle. Espace d’analyse et de réflexion sur la situation des femmes dans le monde dans le cadre de ses possibilités de formation représentées, du point de vue cinématographique, par six cultures différentes. Ce n'est pas à proprement parler un atelier, mais un espace d'analyse et de critique en groupe.
À partir de la projection de films de différents pays qui mettent en scène le rôle de la femme, s’ouvrira un espace d'analyse et de réflexion sur les différentes histoires et les possibilités de formation. À la fin de chaque session seront réalisées des affiches avec des textes qui exposeront des questions, des besoins, des solutions, en forme de présentation du débat cinématographique.

ATELIER 15
Journal de la R.I.D.E.F.
Alvaro Cid Auñon, Teresa Flores (M.C.E.P.)
Les participants formeront le comité de rédaction, avec différentes fonctions attribuées à chacun (reporters, traductions, maquette, publication).
ATELIER 16
Vidéo de la RIDEF
Itziar Gurmendi, Juan Josè Vicente (M.C.E.P.)
Développement d'un scénario pour la vidéo. Entretiens. Enregistrement des images d'événements importants et montage vidéo et audio.
Utilisation des caméras, des photos, des sons, pour élaborer le document résumant les activités.
ATELIER 17
Lire-écrire l'image.
Michel Mulat (I.C.E.M.)
L'image, étant donné que nous y sommes immergés, est considérée comme évidente et ne nécessitant pas d'apprentissage. C’est certainement la raison pour laquelle ceux qui savent la manipuler l’utilisent pour modeler notre façon de voir et nos comportements. Une approche de l'image limitée à la dimension émotionnelle nous prépare à devenir passifs et soumis. L'image est mythographe. Sous le couvert de la réalité, elle façonne nos opinions politiques, ainsi que le regard que nous avons en particulier sur ​​les femmes, indépendamment de notre sexe.
Méthodologie
L'objectif sera de fabriquer des outils pour lire et écrire des images, indépendamment du niveau scolaire.
Analyse de tableaux de chaque période et de chaque civilisation, photographies d’artistes, brèves séquences d’actualité télévisée.
Nous produirons des images grâce à nos appareils photo, nos téléphones portables, nos caméras. La lecture est inséparable de l'écriture.

(Extrait des fiches de présentation des ateliers)

Parallèlement aux ateliers, un groupe de recherche a été mis en place, coordonné par Ferràn Zurriaga de Valence, pour rassembler des textes documentaires sur l'introduction de la pédagogie Freinet en Espagne depuis les années 20.

6. LES ATELIERS COURTS

Plus de 50 ateliers courts au programme, auxquels il faut ajouter ceux proposés au dernier moment ou pour lesquels on a demandé à ce qu’ils soient renouvelés, pour des séances d'une heure et demi pour cinq après-midis avec deux roulements pour les deux premiers (de 15h45 à 17h15 ; de17h30 à 19h) avec une douzaine d'ateliers courts pour chaque roulement.
La but de ces ateliers est de présenter une technique, un thème de débat, la situation scolaire d'un pays, un usage ou un costume (au sens anthropologique). On a pu noter une tendance à proposer une extension de l’apparition de l'atelier sur deux ou trois séances ; une forme d’atelier intermédiaire entre l’atelier long, que tous ne se sentent d’assumer en raison de la complexité qu’apporte la multiplicité des langues avec des temps de traduction inévitables, pas toujours possible, et l'atelier court pour certaines propositions qui n’ont pas besoin d’autant de temps. Nous devrons penser à cette possibilité pour la R.I.D.E.F. en Italie.
Parmi les nombreuses propositions :
Hommage à la poésie : Wislawa Szymborska (Teresa Roda, Italie, deux séances) ; Il est nécessiare de raconter des histoires : Laide Sandra, Brésil, deux ou trois séances) ; La ville des enfants (Francesco Tonucci, Italie, deux séances) ; Formation des femmes aux activités génératrices de revenus pour la lutte contre la pauvreté (Antoinette Mengue, Suzanne Nnomo, Cameroun) ; Formation Freinet en deux ans assortie d’un diplôme en Allemagne (Gitta Kovermann, Hartmut Glanzel) ; Atelier chapeaux (Teresa Flores, Espagne) ; L'éducation des jeunes filles Baka (Pygmées) (Jean-Désiré Mpoule, Afrique) ; La science dans la rue (Teresa Vicente Ramos, Espagne) ; Tables rondes de présentations de livres et de recherches sur les maîtres Freinet à l'époque de la république espagnole (Ferran Zurriaga, Paqui Vidal, Valence, Espagne) ; Jeux coopératifs ( Vera et Ulf Myrstedt) ; Arbres et récits de vie (Domenico Canciani, Italie, trois séances) ; Liberté d'expression et coopération avec pliages et histoires (Marisa Del Cioppo, Maria et Roberta Isbela Gerth Landell de Moura, Brésil) ; Langage non sexiste : le cas du français comme langue étrangère (Nyckowska Irena, Pologne) ; Fiches de lecture (Mark Esteban Mendoza, Mexique) ; Coopération franco-géorgienne (Maiwenn Lebreton, Gaelle Violain, groupe ICEM de Nantes) ; Étude du milieu en Afrique (Gaspard Spriet, Ruth Del Bosque, ICEM) ; Vannerie, le tressage de la diversité (Edineia Aparecida, Brésil) ; Pédagogie de la différence (Mansani Neuza, Edineia Aparecida, Brésil, deux séances) ; La langue japonaise (Yuko Okaniwa, Japon) ; L’approche du genre et la violence envers les filles à l'école sénégalaise (Cheikh Makhfousse, Ndiaye Abdoulaye, Sénégal) ; Le comportement japonais (Youichi Watanabe, Tadayoshi Sakai, Japon, deux ou trois séances) ; Problèmes vivants et méthode naturelle (Rémi Brault, ICEM, deux séances) ; Marché de connaissances (G.L.E.M., groupe I.C.E.M. de Lyon, deux séances) ; Vivre ensemble – le pays imaginé par les enfants (Lali Laliashvili, Khatuna Namicheishvili, Géorgie) ; Hormones et neurones de la science (Elsa Arroyo Magaña, Gerardo Quiroz Robledo, Mexique) ; Remedio Varos, femme peintre, de l'exil espagnol au Mexique (Juan Carlos Lira Chavez, Mexique ) ; Le groupe Freinet du Togo et la scolarisation des filles : le gouvernement des enfants, une expérience pour la scolarisation généralisée des jeunes filles (groupe M.O.U.V.E.N., Togo) ; Margherita Zoebel et le C.E.I.S. de Rimini, une expérience de formation (Lucia Biondelli, Italie) ; Comment présenter la pédagogie Freinet ? (Henry Landroit, Belgique) ; Les jeux de langage (Henry Landroit, Belgique) ; Les coopératives de femmes dans le sud du Maroc et l'éducation des filles par la production d'huile et de cosmétiques (Groupe du Maroc).

 

Le «marché des connaissances» par exemple m’a frappé par son caractère transférable dans un projet qui peut impliquer activement l’ensemble d’une école et par sa référence à la proposition contenue dans les «arbres de connaissance». C’est une organisation en deux séances. Dans l’une on est «marchand» : on tient un stand et on essaie de partager un savoir ou un savoir-faire à un client. Dans la seconde on est «client» et on « navigue » d'un stand à un autre en augmentant ses propres connaissances.
Exemples de propositions : faire de la pâte à sel colorée ; apprendre les figures de hip-hop ; atelier maquillage ; faire des bracelets ; préparer des crêpes ; jonglerie ; préparer des sandwichs amusants ; animaux de papier ; sauter à la corde ; danser avec les couleurs ; construire une cube avec les techniques de l'origami ; ...
Les participants reçoivent une fiche pour tenir un stand et pour laquelle il faut :
- réfléchir à la compétence proposée en établissant les critères de validation de son acquisition ;
- réfléchir aux étapes de son enseignement ;
- établir la liste des matériaux ou des outils nécessaires ;
- préparer une affiche pour la présentation du stand ;
- fabriquer un signal pour gérer l'accès au stand.
Son intérêt pédagogique est de permettre aux élèves de prendre conscience de la diversité des connaissances qu’ils possèdent, y compris des connaissances habituellement peu reconnues par l'école. On introduit également la possibilité de se rendre compte qu’apprendre peut être un plaisir.

C'est vraiment dommage de ne pas pouvoir profiter de tant d’ouvertures et de tant d’activités ; et il est vraiment dommage que, le plus souvent, les ateliers africains ou ceux qui présentent des situations de coopération, de soutien aux mouvements de pays anciennement colonisés, sont peu fréquentés voire même annulés faute de participants.

Le CA a proposé que les participants qui bénéficient de la solidarité de la F.I.M.E.M. prennent en charge au moins un atelier court et qu’ils s’engagent à communiquer dans leur propre pays les propositions et les éléments de relance par une information du travail effectué, afin d’espérer des retombées (en plus du fait que ça ne soit pas toujours les mêmes qui y participent). Mais leurs propositions ne suscitent pas toujours l'intérêt et ne sont pas toujours suivies, de sorte qu’on a parfois l'impression de vivre la réalité de la R.I.D.E.F. dans des mondes disjoints.

 

7. LA PRÉSENCE DU M.C.E.

 

Ateliers longs

 

ANIMATEURS/ANIMATRICES

TITRE/SUJET

Giancarlo Cavinato

Nerina Vretenar

 

La lecture, cette inconnue

comment former d’authentiques lecteurs

( groupe MCE langue)

Teodora Tomassetti

Stefano Scippo

 

Dans quel genre de monde vis-tu ?

Orientation et points de vue sur le globe local

(groupe MCE “Pédagogie du ciel”)

 

Ateliers courts

 

ANIMATEURS/ANIMATRICES

TITRE/SUJET

Lucia Biondelli

Margherita Zoebeli et le CEIS de Rimini

Francesco Tonucci (C.N.R. Roma)

La ville des enfants (2 séances)

Teresa Roda

 

Hommage à la poésie

Lecture et interprétation de poésies de Wislawa Szymborska (poétesse polonaise), de textes de Maria Zambrano (philosophe) sur la pensée poétique et la philosophie et de Maria Luisa Spaziani (poétesse italienne).

(deux séances)

Domenico Canciani

Arbres et récits de vie

Les arbres généalogiques comme représentation de l’identité personnelle et sociale ; les récits de vie et les histoires professionnelles.

( trois séances)

 

Conférence lors de la journée forum

de Francesco Tonucci

«Pourquoi nous avons besoin des enfants pour sauver les villes ?»

 

EXPOSITIONS ET DOCUMENTS

 

60 ANS DU M.C.E., décembre 2011

 

EXPOSITION DE MATÉRIELS ET PUBLICATIONS du M.C.E.

 

LES MAITRESSES DU M.C.E. à l’exposition “FEMMES EN MOUVEMENT”

(Giovanna Legatti, Anna Fantini, Ines Casanova, Nora Giacobini, Daria Ridolfi, Elena Donini, Anna Brizzi, Gisella Galassi, Giuseppina Marastoni, Annamaria Mitri).

La sélection est fonction de la nécessité de fournir un aperçu de la contribution des femmes à la pédagogie populaire italienne et à la disponibilité des documents. Nous remercions Teresa Roda, Mariliana Geninatti, Rinaldo Rizzi, Roberto Lovattini, Franco Lorenzoni, Nicoletta Lanciano pour les textes, les images, l’impression et la traduction.

 

FEMMES SCIENTIFIQUES ET CHERCHEUSES (Rita Levi Montalcini, Margherita Hack, Françoise Héritier, Margherita Zoebeli).

 

LE VILLAGE DES GENS DU VOYAGE DE MESTRE (texte de Paola Sartori)

 

L’effectif des participants italiens fut de 34 dont 26 actifs dans le M.C.E., 3 étudiants de Rome et 5 accompagnateurs.

 

8. LA VILLE

León, petite ville d'environ 135 000 habitants, offre un cadre magnifique pour une rencontre assortis de moments de détente et de sorties possibles en soirée. Argimiro, en particulier, dernier maître emprisonné par le régime de Franco en 1976, a offert ses compétences historiques et documentaires à l’occasion d’une promenade nocturne inoubliable tout au long d’un parcours qui témoigne de siècles d'histoire, depuis la présence de la VIIe légion romaine, aux Wisigoths, aux rois de León, à l'art roman, gothique, mudéjar, et jusqu'à Gaudi : depuis les murs, les églises, les places, les palais, jusqu’à l'impressionnante cathédrale aux magnifiques vitraux, dont un deuxième exemplaire seulement existe à Chartres, sans négliger le « barrio humédo » (quartier où ...on peut boire beaucoup et bien, d'où son nom). À ne pas manquer : S. Isidoro, avec le panthéon des rois de León, et la Plaza Mayor, mais il y a d’innombrables œuvres plus modestes. Argimiro a passé une année sabbatique à faire des recherches dans les archives municipales (26 km d’étagère !). On comprend ainsi que le nom de la ville n’est pas un honneur fait au roi de la forêt, mais qu’il s’agit d’une contraction du mot «légion».
Les groupes en sortie ont été constitués par groupes de langues : deux en espagnol, deux en français et un en anglais.
En arrière plan, dans la journée, nous avions toujours la vue de « peregrinos » (pèlerins) pour Santiago (Saint Jacques).

 

9. LES ASSEMBLEES GÉNÉRALES DE LA F.I.M.E.M.

 

Pendant 12 jours le CA a travaillé à la mise au point de l'organisation des assemblées et des deux prochaines années de la vie de la fédération : en rencontrant les mouvements, en écoutant, en organisant les propositions pour les assemblées, en mettant au point les orientations pédagogiques. Un compte rendu détaillé des assemblées et des décisions se trouve dans l'INFOR-CA.

Au cours d'une R.I.D.E.F. se tiennent trois assemblées générales de la F.I.M.E.M. : la première lors du troisième après-midi, pour la présentation des points à l'ordre du jour (présentation des délégations et contrôle de la présence des délégués, en nombre proportionnel à l’importance de chaque mouvement ; présentation des candidats au C.A. ; rapport moral, rapport financier, orientations générales ; compte-rendu de l’activité du C.A. pour les deux années entre 2010 et 2012 ; bilan pour les prévisions de 2012 à 2014 ; propositions pour les prochaines R.I.D.E.F. ; charte de la F.I.M.E.M. = nouvelle charte de l’école moderne ; quotas de participation aux R.I.D.E.F. - pays A et pays B selon le coût de la vie ; siège social de la F.I.M.E.M. ; élection du CA ; nouveaux pays membres admis ; élection des contrôleurs aux comptes ; questions diverses).

Délégués pour l’Italie à l’AG : Teresa Roda, Paolo Lampronti (qui a remplacé Leonardo Leonetti).

Candidats au CA qui ont remplacé des membres sortants pour un minimum de 5 participants et pour un maximum de 7 : Cavinato Giancarlo (Italie) ; David Almlof (Suède) ; Sadikh Diaw (Sénégal) ; Renate Niklausen (Allemagne) et François Perdrial (France) se substituent à deux démissionnaires pour deux ans. Pilar Fontevedra (Espagne) poursuit son mandat pour deux ans.

Une vidéo présente la R.I.D.E.F. de 2014 à Reggio Emilia ; une autre vidéo présente la candidature du Bénin pour la R.I.D.E.F. de 2016 (il y eut aussi la candidature de la Suède, retirée par la suite puis proposée à nouveau pour la troisième séance). Les pays ayant postulé pour leur admission au sein de la F.I.M.E.M. sont le Chili, la Côte d’Ivoire, le Maroc, l’association “Les amis de Freinet”.

La deuxième séance, lors du sixième après-midi, est organisée en trois groupes de langues, hispaniques, francophones, anglophones ; chaque groupe est présidé par un membre du C.A.. Le M.C.E. participe au groupe hispanophone. L’objet de la réunion consiste à débattre des différents points pour lesquels il faudra voter, analyser les documents et les propositions, formuler des questions et des propositions au C.A.

La troisième séance, lors du neuvième après-midi, est destinée aux délibérations et définit le champs attribué à la F.I.M.E.M. Par la suite, le nouveau C.A. se réunit et procède à la nomination du président, du vice-président, du secrétaire, au partage des tâches entre les membres en établissant un plan de travail pour l’année. La prochaine rencontre du C.A. se tiendra à Mestre à Pâques 2013. La Présidente est Pilar Fontevedra qui a assumé pour le C.A. l’organisation de l’actuelle R.I.D.E.F., le vice-président est François Perdrial.

L’Italie a deux missions pour les deux années à venir : la préparation de la R.I.D.E.F. et la publication d’un “livre blanc” sur la violation des droits des enfants dans le monde qui sera diffusé lors de la prochaine rencontre en 2014.

Un espace sur le nouveau site de la F.I.M.E.M. est dédié aux travaux du C.A. Il est mis en place par Claude Beaunis, membre de l’I.C.E.M., détaché de l’enseignement (c.beaunis@gmail.com) ; l’adresse du site est : http://www.fimem-freinet.org/

Il faut s’enregistrer sur le site en contactant la correspondante pour le M.C.E., Mariliana Geninatti, si on souhaite envoyer des textes, des propositions des documents, des photos (mg-rf@inrete.it)

Les membres inscrits sont aussi Teresa Roda et Daniele Bianchi.

 

10. LE CADRE PÉDAGOGIQUE

 

  • Les expositions

 

Exposition au musée de León “DÉTERRER LE SILENCE”

Dans une école rurale républicaine au milieu des années 30, un maître novateur lance l’expérience de l’imprimerie à l’école. Les cahiers de ce village isolé voyageront jusqu’en France, en Argentine et à Cuba. Ce maître d’école sera fusillé et enterré dans une fosse commune dès les premiers jours de la guerre civile. Soixante dix ans plus tard, l’exposition recueille les témoignages des quelques élèves encore en vie, quelques portraits d’un peintre, une vidéo sur la vie et le travail de ce maître.

 

Exposition “FEMMES EN MOUVEMENT”sur la participation de femmes, enseignantes, du monde au développement de la pédagogie populaire : chaque mouvement a été invité à apporter des biographies et des récits de parcours professionnels, accompagnés de photos d’enseignantes de l’école moderne. Ont participé : l’Espagne, l’Italie, le Brésil, la Pologne, la Suisse, l’Allemagne.

 

Exposition “POUPÉES CASSÉES”

Sur la violence sexiste subie par des milliers de femmes dans le monde des mains de ceux qui les “aiment”. On nous invite à réfléchir sur le fait qu’il ne s’agit pas de coupables mais de victimes (Blanca Porro).

 

Exposition “BELLES MAIS PAS ENDORMIES”

Regard critique sur notre environnement par le recours à l’art, pour construire sa propre identité. Se libérer du pouvoir des autres suppose une rupture radicale avec les mythes, les itinéraires, les temps qui ne correspondent pas aux nôtres. (Isabel Alonso)

 

Exposition des activités menée dans les écoles ainsi que des productions des mouvements de divers pays.

 

Dans les couloirs du lycée “Ordoño II” était exposé un aperçu des activités sur le thème de l’égalité des chances et l’égalité des droits entreprises dans des écoles espagnoles ainsi que des portraits d’écrivaines, poétesses, femmes de science par l’écrivaine Josefina Aldecoa (“Historia de una maestra”).

- Les débats

 

En plus de la présentation de livres en ville, pendant les ateliers courts, et quelques tables rondes sur le statut des femmes et la scolarisation des filles, il faut rappeler le débat intitulé « MONDIALISATION NÉOLIBÉRALE ET CONSÉQUENCES SUR L’ÉDUCATION » avec la participation d'Enrique Diez, professeur à l’Université de León (enrique@unileon.es)
Dans son intervention Diez a présenté la «stratégie du choc» de Naomi Klein, qui, à l‘instar de l'économiste Fieldman, l’appelle aussi «le boom du capitalisme du désastre». Dans cette vision des choses, l'ouragan Katrina est bien une tragédie, mais il amène aussi la possibilité d’une réforme radicale du système éducatif.
À la Nouvelle-Orléans nait un réseau d'écoles privées soutenues grâce aux bons mis en place par G. W. Bush. Profitant des différentes crises, les services publics sont attaqués, l'éducation en particulier est saccagée selon les préconisations de Fieldman qui affirme qu’il s’agit d’agir rapidement pour générer un état de choc, un traumatisme collectif qui empêche une réaction immédiate, tout en promettant l’évitement de catastrophes encore plus graves.
En Espagne, le gouvernement s'engage à garantir des avantages à l'Église catholique et aux entreprises qui soutiennent des formes de ségrégations raciste ou confessionnelle et le financement de secteurs privés par des fonds publics.

Il est certain que des progrès été réalisés (l’école dès l’âge de trois ans, l’extension de l'obligation scolaire, ...) ; mais ce sont précisément ces conquêtes qui sont attaquées par une idéologie mercantile fondée sur moins d’état et plus de marché. Des quantités de millions sont affectés au soutien des banques (c’est un pillage de l’argent public), pour l'école il semblerait qu'il n'y ait pas d'argent. Les coupes budgétaires sont accompagnées de «réformes» : disparition de la formation, transformation de la fonction d’enseignant, élimination de l'école à trois ans, sureffectifs dans les classes ....
On produit toujours des arguments économiques, jamais éducatifs. On échange les subventions pour l’école publique contre des propositions de réductions d’impôts et des bons de scolarité sont offerts aux familles pour pouvoir inscrire leurs enfants. Comme en Italie, on pense revenir à des niveaux basiques (les trois « I » de Berlusconi).
On raisonne selon l’équation pauvreté = peu d’aptitudes aux études.
L'autonomie des institutions donne lieu à leur gestion sur des modèles entrepreneuriaux : une administration de l’école hiérarchisée selon le mode : «financements en fonction des résultats obtenus». Les écoles sont incitées à chercher des subventions privées extérieures. Depuis au moins 30 ans ce modèle a été imposé aux écoles, modèle qui fonctionne grâce à :
- la marchandisation
- le démantèlement du secteur public par la suppression de ses ressources
- la gestion hiérarchique.
Une «éducation du désastre» : c’est un changement profond de la conception de l'éducation, vu essentiellement à travers une approche économique.

(À la suite de l'intervention, les participants - environ quatre-vingts - ont été partagés en trois groupes de discussion et à l’occasion du débat final un document a été produit. Il a été proposé et approuvé lors de l’assemblée de bilan final de la RIDEF et se trouvera sur le site - cf la traduction dans l’INFOR CA)

 

- Les soirées

Dans le programme des soirées alternent partage des traditions populaires du pays et fêtes, visites ou manifestations culturelles et présentation de chaque pays (pour les «soirées interculturelles») que chaque mouvement prépare pendant les temps libres.
Après la première soirée réservée au repas coopératif et la deuxième à la visite de la ville, se sont succédé : danses traditionnelles d'un groupe de femmes de León précédées d’une chorale «Ars cantus » avec des chants du Moyen Âge, de la Renaissance et des chants traditionnels ; projection du film «L’école buissonnière» sur les débuts du maître d’école Freinet à Bar-sur-Loup : un grand film sur la dignité et les droits de l’Homme, du citoyen, de l’Enfant, film qui fit connaitre la pédagogie Freinet dans le monde, aux tonalités provençales proches de celles des films de Pagnol, que les Espagnols ont commencé à traduire et que nous essaierons de traduire aussi en italien (on en a vu une première partie sous-titrée en espagnol et une version américaine qui obtint le prix de l'ONU, mais abimée en divers endroits) ; trois soirées consacrées à différents pays, la première s’ouvre avec une autre chorale qui conclut sa prestation avec «Caminante, no hay camino» dont le texte est de Machado mis en musique par Paco Ibañez , les choristes portaient des T-shirts avec l’inscription «Escuela publica de todos y para todos » du mouvement de protestation des écoles provoqué par les réductions budgétaires des mois précédents ; une soirée «les femmes dans la musique» lors de laquelle Carmen Castrillo a lu des poèmes de Wislawa Szymborska, prix Nobel de poésie en 2006 et a proposé un «cuentacuentos», suivie du groupe de musique «Gritsanda» ; une fête finale avec petit groupe de salsa catalan et torrents de sangria.
Les soirées interculturelles suscitent toujours des commentaires et font surgir des polémiques, car il n’y a pas toujours homogénéité d’esprit dans la présentation de chacun des mouvements. Il y a ceux qui introduisent une dimension «pédagogico-politique» à la présentation (l'Allemagne, par exemple, avec le thème de l’obsession des évaluations et des tests et de la constitution inhérente de classes spécialisées ; l'Italie, avec une présentation qui rappelle le thème de la prochaine R.I.D.E.F. «la ville des enfants») ou politique (l'Autriche, avec des chants de résistance) ou folklorique (le Brésil, avec des danses et la cérémonie de la «bumba meu boi», la Pologne, la Suisse, ...) ou d’auto-dérision (la Belgique, avec les Schtroumpfs, le « Manneken Pis », Tintin, « pour qu’on ne nous résume pas à la nation des frites et du chocolat » ; la Suède avec IKEA, la VOLVO, ...) ou sous la forme d’une présentation d'un événement culturel typique ou d’un personnage emblématique (le Maroc avec la figure de Fatima Tabàamtant, le Sénégal, ...).
Le manque d'homogénéité soulève, dans le journal, des questions relatives à la notion de culture populaire dans la F.I.M.E.M. (T. Roda) ou suscite la formulation de conseils ironiques adressés à ceux qui voudraient organiser leur spectacle («prévoir dans ses bagages des costumes folkloriques, prévoir des danses traditionnelles dignes d'une institution qui entend préserver la pureté des jeunes filles et dont le texte exprime la profondeur des sentiments, tout en usant d’onomatopées universelles ; ne pas parler de son propre pays mais entrainer les participants dans une danse frénétique main dans la main ou inviter tout le monde à s’embrasser ; si votre pays est gouverné par un dictateur ou un roi autoritaire, servir des boissons typiques pour contribuer à l'évolution des idées reçues sur le pays ...) (H. Landroit).
Les trois soirées sont à réduire, à mon avis, elles sont parfois excessivement longues ou encouragent à des finals du type de celui des danses collectives faisant suite à de nombreuses représentations, avec longueurs et manque d’homogénéité.

 

- Les commémorations de la F.I.M.E.M.

L'après-midi du quatrième jour a été l’occasion, juste avant l’assemblée générale, d’honorer la mémoire de deux figures inoubliables, Flaviana Granzotto (Florianopolis, Brésil), fille d'émigrants italiens, et Eiichi Murata (Japon). Cette commémoration s’est faite grâce à deux vidéos et, pour ce qui concerne Eiichi, par la diffusion d'un de ses articles sur la R.I.D.E.F. de Nantes («C'était ma treizième RIDEF ») dans lequel il rappelle le texte de la conférence qu’il a tenue lors de la journée forum «L’éducation au Japon de plus en plus réactionnaire». Il nous laisse une question ô combien d'actualité et préoccupante : «La pédagogie Freinet est-elle tout à fait claire et inébranlable pour abandonner le mythe des résultats scolaires (voir les tests O.C.D.E.-P.I.S.A.) qui contraint les écoles ?
Il déclare également avoir été très frappé par la présence, à Nantes, de nombreux enseignants africains, ce fait étant à considérer presque comme une ironie du sort, dans la ville de la traite négrière et du commerce triangulaire.
Tu exprimes aussi ton embarras, parfois, dans tes réponses aux questions portant sur le nombre d'enseignants Freinet au Japon, car chaque pays a ses propres spécificités et il y a eu d'autres mouvement novateurs auxquels il ne faut pas fermer la porte. La R.I.D.E.F. que tu as organisée au Japon a été l'une des plus remarquables, de l’avis de ceux qui y ont participé.
Cher Eiichi, nous nous souvenons de toi toujours souriant, avec ton éternelle cigarette et, reporter infatigable, avec ton inséparable caméra traversant les ateliers et toutes les activités de la R.I.D.E.F.

 

 

11. LES EXCURSIONS

Faire un choix face à sept possibilités n'est pas facile, car toutes étaient très attrayantes :
1. Ville de León
2. Grottes de Valporquero
3. Astorga, ville romaine et le charmant village de Castrillo De Los Polvazares
4. Chemin de Compostelle, Mansilla De Las Mulas et Sahagun
5. La région de Bierzo
6. Las Médulas (mines d'or exploitées par les Romains qui, en creusant leur canalisations, ont profondément modifié l'orogenèse des montagnes sur les lieux d’édification des castrum (forteresses) de l'Asturi, les faisant exploser pour prélever l'or des bassins fluviaux)
7. Picos de Europa, route Del Cares

Chaque sortie comprenait des visites de sites naturels, de monuments, de musées, de vignobles, de mines et des pauses pique-nique.
Les visites ont été adaptées en fonction des différentes capacités physique des participants.

12. LA JOURNÉE FORUM – PORTES OUVERTES

Programme de la journée centrale ouverte aux personnes extérieures, enseignants ou habitants intéressés, qui ne peuvent participer à l’ensemble de la R.I.D.E.F.

De 9h30 à 11h00 ateliers longs ouverts aux visiteurs venant de l'extérieur, mais certains choisissent d’interpréter cette ouverture comme une possibilité offerte aux participants des ateliers longs de visiter les autres ateliers ; de facto, cette option interrompt le cours du travail entamé et contraint les animateurs à penser à une activité spécifique isolée, afin de ne pas tomber dans la description verbale.

De 11h15 à 13h15 conférence inaugurale introduite par Emiliano Padilla («la société ne sera pas complète sans une totale parité»). Intervient Luciana Gaitero (M.C.E.P.) qui décrit le sort des 56 millions de non scolarisés en 2015, la plupart étant des filles. Dans 47 des 54 pays africains, dans les zones rurales, la situation est encore pire. 90% des analphabètes sont des femmes. Avec l'âge la pression sociale augmente et cela conduit à se conformer aux devoirs associés aux genres, y compris dans le monde alphabétisé. L'UNESCO propose un accord global pour l'alphabétisation et l'éducation des filles et des femmes. L'objectif est de les maintenir à l’école le plus possible. L'éducation peut offrir l'égalité des chances par le développement personnel et le travail. Il est nécessaire de mener des actions pour récupérer les décrocheurs et des actions pour l’orientation.
L'autonomisation des femmes est une urgence sociale, celle-ci peut contribuer à la paix et au développement durable.
Teresita Garduño Rubio intervient sur le thème : «L'école doit donner des réponses ». Elle décrit la situation actuelle toujours aussi dramatique : la violence, les rapports de force, le néolibéralisme, le pouvoir de l'argent. Les modèles proposés de mille façons dans la famille, à l’école, dans les médias, sont toujours en adéquation avec cette posture de domination. Mais pointe une lueur d'espoir : les jeunes sont en train de changer le monde (indignados/as). «Qui ne se bat pas pour tout ne se bat pour rien» (Mexique, mouvement 132).
Un peuple qui oublie son histoire est condamné à la réitérer. Le Mexique est dominé par le trafic de drogue, par le climat de violence qu’il provoque. L'école est essentielle, mais le trafic de drogue représente aussi un recours à condition de pauvre. Dans un contexte d'économie de marché qui prévaut sur quoi que ce soit d'autre, les personnes qui ne produisent pas ne valent rien.
«Si vous ne nous faites pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir» (Chili).
Elle décrit également la situation des enfants qui n'ont pas de place dans la société, exclus à cause de leur pauvreté, exploités, rejetés et dont l’existence dans le monde a été privée de sens. Enfants travailleurs, qui vivent dans des villes violentes, dangereuses, à qui on empêche l'accès à l'éducation. Ils vivent dans la rue, car vivre dans une maison nécessite de l’argent.

La vie de beaucoup d'enfants de la rue est marquée par l'exclusion de l'école, par leur mise à la rue par la famille, c'est là que commence la spirale vers le trafic de drogue. L'école elle-même est un lieu violent, monotone, répétitif.
L'école doit accepter les différences en partant du principe qu'il n'existe pas de groupe homogène, en n’exigeant pas que tout le monde apprenne de la même manière, en privilégiant la science, l'art, l’apprentissage de la démocratie.
Que se passe-t-il lorsque l'école apprend des enfants ? Les enfants s’interrogent sur le monde, et non sur le contenu des programmes, ils n’enchaînent pas les questions.
L'école doit être conçue comme un espace d'expérimentations, un lieu qui permette d’accumuler des expériences (voir Rita Levi Montalcini).
Le principe d’égalité doit être au centre de l'école..
Les couleurs sont issues de la décomposition de la lumière, il n’y a pas de couleur spécifique pour les garçons ou pour les filles.
Il faudra inciter les garçons à ne pas crier, et les filles à ne pas se taire.
Les jeux eux-mêmes induisent des modèles.
Cela fut une intervention solennelle et emprunte de dignité culturelle et scientifique.

 

Marifè Santiago Bolaños « Femmes et législation »

philosophe, écrivaine, ancienne responsable de la culture au ministère de l'éducation dans le gouvernement de Zapatero, parmi les fondatrices du réseau «Femmes pour un monde meilleur» (Afrique, Espagne).

Que peuvent faire les femmes dans le domaine de l'éducation pour venir au secours du monde ? (Sans les femmes on en peut changer le monde). Maria Zambrano dit que nous vivons une période où règnent égoïsme et domination plutôt que coopération et solidarité. En matière d’éducation l'objectivité n'est d'aucune utilité si on ne prend pas d 'abord en compte les sentiments, la bonté et la justice.
Elle évoque la Constitution de 78 : si la démocratie s'est enracinée en Espagne, c'est grâce à l'éducation.
Elle rappelle la naissance des «mouvements de rénovation pédagogique» à la fin des années 70.
Pendant la dictature on avait de l'analphabétisme et une éducation strictement monosexuelle (Maria Zambrano : «Les intellectuels dans la guerre d’Espagne»).
La loi institue des espaces de cohabitation. L'éducation prépare des chemins vers des terrains de liberté et de créativité.
Dans le domaine de l'éducation on ne doit pas laisser de place à la crainte. Il faut s'efforcer de combattre les mentalités communément admises, les stéréotypes (voir Adorno, qui a travaillé dans des périodes obscures), les chaînes qui entravent les corps de nombreux enfants et, dans le cas des filles, les fantasmes de genre sur les femmes qui donne lieu à leur dépendance. Entre autres croyances, on doit éradiquer celle selon laquelle certains sont meilleurs que d'autres (celle du «mérite»).
Les enseignants ont mis en place des espaces civiques de coexistence, supprimé des obstacles en des périodes sombres.
L'éducation n'a pas à voir avec l'immobilisme, elle anticipe toujours. Mais pour que les transformations éducatives s'installent dans les esprits, il faut la générosité de tous.
Amartya Sen affirme que mondialiser le savoir et l'éducation représente un progrès pour tous qui doit être étendu et défendu ; à condition de ne pas confondre mondialisation et uniformisation. Les avantages des nouvelles technologies doivent profiter à tous.
Le réseau de femmes est coordonné par les gouvernements du Mozambique et de l'Espagne.
Quand une femme progresse, c’est le monde qui progresse.
Les notions de respect, de tolérance, d'accueil, d'autonomisation, caractéristiques des femmes, comportent des aspects bénéfiques pour tout le monde, les hommes y compris. Se développent l’autonomie, l'initiative d'entreprendre, la santé, l'éducation selon les modalités féminines. Dans un contexte désolant (coupes budgétaires des gouvernants au détriment du bien-être, esclavage déguisé, violence de genre, trafic d'organes humains, ....) il faut clairement définir les objectifs, la santé, l'autonomie personnelle, la création de microentreprises, l'éducation des filles qui contribue à la réduction du taux de mortalité infantile, qui augmente le niveau de culture d'un pays.
Nous sommes en période d'incertitude : la chute du mur de Berlin en 1989 a imposé un seul modèle possible, un capitalisme déshumanisant, la loi au bénéfice des plus forts, la prévalence des fonctionnements antidémocratiques. Nous devons refuser l'inégalité comme «prix à payer» pour le développement économique. Il n'y a pas de progrès sans équilibre et sans durabilité. La politique doit orienter son action sur la recherche des possibles, et non sur l'acceptation de ce qui existe.

(Le texte complet de l'intervention, traduit par Teresa Roda, sera placé sur le site MCE)

- À la fin de la matinée : projection de films dans trois salles simultanément en anglais, français, espagnol.

De 15h à16h visite des stands sous le portique du lycée Ordoño II, avec artisanat, livres, présence d'associations de bénévoles. Visites guidées des expositions.

De 16h à 18h conférence « La ville des enfants » de Francesco Tonucci (Institut des Sciences et Technologie de la cognition – C.N.R.)
Dans son discours Francesco soutient l'idée d'une nouvelle culture de l'enfance et d’une nouvelle philosophie de l’administration des villes.
«Je demande à cette cité la permission de sortir de chez moi», déclare un enfant de Rome face au maire. Les enfants ne doivent pas être protégés, ils doivent être «outillés» grâce à la connaissance de leurs droits, souvent ignorés, pour qu'ils puissent les défendre eux-mêmes.
Si la ville est dangereuse, c'est la ville qui doit être changé. C 'est un projet d’administration de la ville, qui nécessite de l’écoute, une autre politique, une autre économie, des espaces pour le jeu et de l'autonomie, un peu de retrait de la part des adultes (quand Obama a déclaré après son élection : «J’écouterai la voix de ceux qui n’ont pas voté pour moi », il parlait, sans le savoir, des enfants).
Le site où trouver le texte intégral «Pourquoi nous avons besoin des enfants pour changer la ville » :
www.lacittadeibambini.org

 

Tonucci a décrit diverses expériences de participation des enfants aux prises de décisions aux côtés des élus municipaux de grandes villes telles que Rome ou Buenos Aires, de villes moyennes comme Pesaro, et de plusieurs villes espagnoles.
Les adultes sont contraints par deux nécessités :
- se déplacer rapidement vers le lieu de travail
- savoir que faire des enfants
Celles-ci donnent lieu à une chaîne de décisions qui modèlent des modes de vie urbains.
La ville, même de grande taille, a la possibilité de revenir à une dimension plus humaine en agissant à l’échelle des quartiers. Il faut faire des choix pour lutter contre la vitesse car la mobilité alliée à la précipitation occasionne les embouteillages qui paradoxalement sont l'inverse de l'effet recherché.
On estime que le pourcentage d’autonomie de la tranche des 6-14 ans d'une ville est de 6%. Dans les villes qui ont mis en place des conseils d’enfants et des projets du type de ceux qui donnent la possibilité de se rendre à l'école à pied, cela peut aller jusqu'à 50%. «Si les enfants sortent seuls de chez eux et se déplacent à pied dans leur quartier pour aller à l'école on assiste à un véritable changement : modification du comportement des adultes, accroissement de la sécurité, de la mobilité et des espaces publics» (F. Tonucci, entretien dans le «Diario de León» du 29 Juillet).
Le thème de la conférence s'inscrit pleinement dans le projet de la prochaine R.I.D.E.F., même s'il nous faudra tenir compte du cas des enfants de l'hémisphère sud où les situations sont celles décrites par Teresita dans son intervention.

- 18h30- table ronde, «La coéducation (de genre) dans les différents continents"
Participants : Teresa Garduño, Mexique, psychopédagogue diplômée en Sciences de l'éducation, fondatrice de l'Institut pour la recherche pédagogique et présidente de la F.I.M.E.M. ; Antoinette Mengue Abesso, Cameroun, professeure dans une école ; M. Joaquina Sanchez Ortiz, Espagne, enseignante dans le secondaire, coordonnatrice des actions de formation en coéducation ; Miki Igari, Japon, professeure en études sociales dans une école supérieure, qui a travaillé dans l’éducation spécialisée.
Modérateur : Juan José Vicente Cuesta, M.C.E.P. Dans son introduction, il précise que la notion de genre est une construction sociale, culturellement déterminée, qui impose des comportements « adaptés » à un sexe/rôle. L'école ne produit pas à proprement parler les inégalités, mais elle les reproduit et les renforce ; l'école de type « mixte » a pour effet de reproduire les inégalités ; les écoles de la coéducation de genre acceptent, accueillent et mêlent les différences (éducation la parité).

Mariquina défend la nécessité de l'intérêt porté au développement conjoint des garçons et des filles, et pas seulement vis à vis des filles, comme un devoir attribué l'école. Elle montre que les résultats scolaires des filles sont bien meilleurs que ceux des garçons et que la spécialisation de l'enseignement pour les filles est un problème. La crise a une incidence très lourde sur les postes dans le secteur public.

Teresita parle des grossesses précoces en Amérique latine, des couples très jeunes dans un contexte où l'espérance de vie s’est améliorée par rapport au siècle dernier. La politique d'éducation sexuelle a eu un impact sur la fertilité mais n'a pas beaucoup amélioré les relations.
En Bolivie on observe un pourcentage élevé de grossesses chez les adolescentes (18%) toujours en augmentation. Seule 1 fille sur 4 utilise des contraceptifs. L'avortement est passible d'emprisonnement. Le tourisme sexuel est dramatique.
Dans le monde, 150 millions de jeunes filles, dont un grand nombre en Amérique du Sud, sont victimes d'exploitation sexuelle.
100% des femmes travaillent pour des salaires inférieurs à ceux des hommes, alors même que leur scolarité est supérieure à celle des hommes dans les villes au regard des zones rurales.
Les femmes pauvres sont victimes de discrimination dans leur accès et leur maintien à l'école, et bien plus encore pour les populations autochtones. Il existe partout un taux élevé d'analphabétisme imputable au système.

 

Miki : au Japon, en raison de la baisse du taux de natalité, de nombreuses écoles privées sont devenues des écoles mixtes, mais pas en raison d'idéaux éducatifs. La Constitution promeut la coéducation et s'oppose à la séparation des genres. Le parcours scolaire sous-jacent continue cependant à transmettre des conceptions traditionnelles en contradiction avec cette intention officielle. Le néolibéralisme fait pression pour que les genres soient maintenus dans leurs rôles traditionnels.
Un mouvement de jeunes pères (« Ikumen ») a vu le jour récemment. Ceux-ci rejettent le concept traditionnel de masculinité.

Antoinette : Dans la société africaine, les hommes et les femmes ne jouissent pas des mêmes droits. La femme est considérée comme inférieure dans tous les domaines et au service de l'homme. Les femmes sont numériquement prédominantes, plus de 50,6%. Les inégalités sont dues à :
- l'importance de la culture, de la tradition, de la religion
- l’absence d'émancipation des femmes et des jeunes
- l'absence de représentation politique des femmes
- la spécialisation des femmes dans des activités informelles
- le faible taux de scolarisation (25,1% des filles pour 45,1% des hommes ; 1% dans l’enseignement supérieur ; 46,9% sans diplôme ; 1,2% de femmes diplômées à l'université).
Le coût est élevé en matière de capital humain.
1,9% des femmes contre 4,2% des hommes travaillent dans le secteur public.
Au Cameroun, il existe un ministère de la femme et de la famille, avec un programme d'éducation aux droits humains et à la citoyenneté.

La journée s’est conclue par la soirée musicale et poétique.

 

13. LUNES SIN SOL (« les lundis sans soleil » en espagnol)

 

La R.I.D.E.F. s'est joint à la manifestation hebdomadaire organisée par la « Le collectif contre la violence masculine» de León (composé d’une vingtaine d'organisations : associations, partis politiques, syndicats), constitué en 2005 dans le but de contribuer à l'éradication de la violence qui chaque année cause le décès d'un nombre élevé femmes. Tous les lundis à 20h (mais de façon particulière si un meurtre a été commis la semaine précédente), sur la Plaza de Botines, on organise un rassemblement. L'ensemble des participants à la R.I.D.E.F. furent présents. Des participantes de différents pays ont lu, dans différentes langues, un texte sur les violences faites aux femmes. Ce rassemblement s'est terminé par le chant de révolte des femmes intitulé « Debout !» (sur l'air du «Chant des marais» de la résistance aux camps de concentration).
Nous avons ensuite salué la délégation des mineurs en lutte depuis deux mois pour le maintien de leur travail. Ils occupaient le siège de la Région depuis 55 jours et nous leur avons exprimé notre solidarité de différente manières tout au long de la R.I.D.E.F.

«Un autre monde est possible, plus juste, plus digne ; ces jours-ci les journaux écrivent : «le ministère ne donnera pas un euro pour éviter la fermeture des mines. Si, pour des raisons environnementales, le charbon n'est pas l'énergie du futur, les pouvoirs publics doivent fournir une alternative économique en développant les énergies renouvelables.» (Journal n° 5, Jean Denis Sopena)

 

 

14. COMMUNICATION DES ATELIERS ET BILAN FINAL

 

Le mercredi 1° aout, dernière journée organisée par une matinée consacrée à la présentation du travail des ateliers suivie, l'après-midi, par une réunion de bilan final à partir d'un questionnaire distribué la veille dans les ateliers.
La communication finale, tout comme la présentation initiale, suscite des observations, des remarques, des propositions de modifications. Elles amènent à s'interroger sur le choix à faire entre une prédominance des modes d’expression corporels-gestuels-chorégraphiques qui « font de l’effet » ou une présentation plus détaillée du parcours éventuellement reproductible. Dans tous les cas, l'utilisation limitée du langage oral est un obstacle majeur de telle sorte que, parfois, les propositions singulières ne sont pas comprises autant qu'elles le mériteraient dans la mesure où elles ressemblent à certaines autres.
Dans certains cas, le choix a été fait d'une présentation vidéo comme lors de l'ouverture, même si le temps à disposition ne permet pas un véritable montage coopératif. L'absence de coordination et de recherche de formes de gestion compatibles entre elles constituent un point critique. La question est ouverte. Il faut prévoir soit une réunion d'une demi-journée avant l'ouverture, soit des échanges par correspondance coordonnés par CA.

Il y a eu 100 réponses au questionnaire de bilan. Les aspects positifs ont concerné les logements, les ateliers, les excursions. La plupart des ateliers ont été perçus comme en cohérence avec le thème, objectif à maintenir aussi pour la R.I.D.E.F. en Italie.
Le bilan a été moins positif pour les débats et la journée forum.
Un hommage appuyé a été rendu aux organisateurs, à leur sourire, à leur patience.
Les critiques qui ont émergé :
- le manque de coopération des participants dans les espaces partagés
- pas de tri des déchets (le développement soutenable a été un thème central de la dernière R.I.D.E.F.)
- l’accès limité à Internet
- la grande distance entre les lieux utilisés à plusieurs reprises dans la même journée
- ne pas pouvoir disposer de tous les textes sur papier (les compte-rendus des ateliers et autres textes longs ont été placés sur le site internet du journal) : les organisateurs ont répondu qu'ils ont limité la quantité de papier pour des raisons environnementales en plus des raisons financière (demande en contradiction avec la précédente)
- le caractère «militaire» de la gestion par le personnel de l'occupation des tables du restaurant
- l'absence des groupes de base dans lesquels on fournit habituellement des informations. Ce à quoi on a répondu que beaucoup d'informations figuraient sur les panneaux présents quotidiennement.
- l’emploi du temps trop dense
- on propose que le bilan soit fait plus tôt, et pas au dernier moment
Pour la R.I.D.E.F. en Italie on invite à «pas trop de luxe».

Les R.I.D.E.F. se terminent avec le passage de témoin par le groupe organisateur au mouvement suivant. Les organisateurs sont arrivés sur scène avec un gros paquet qui contenait :
- le «buey» (bœuf) brésilien qui, depuis la R.I.D.E.F. en Finlande (1990), accompagne chacune des éditions et sert aux Brésiliens pour leur représentation.
- un «botijo» (pot à eau)
- une paire de maracas pour chaque Italien présent
La R.I.D.E.F. s'est terminée par les échanges de vœux et de salutations.

 

 

15. MODALITES D’ORGANISATION

 

Les commissions mises en place par le mouvement espagnol pour la R.I.D.E.F. ont été les suivantes :

- organisation générale et relations avec l’extérieur (2)
- pédagogique (2)
- financière (1)
- expositions (3)
- repas (3)
- logements (2)
- écoles dans lesquelles on a travaillé (3)
- transports (1)
- bar (1)
- animations (3)
- inscription et accueil (6)
- organigramme et plans-itinéraires (3)
- matériel * général (4)
* informatique (2)
- accueil à Madrid (6)
- achats (3)
- relations avec la presse (2)
- documentation (1)
- atelier enfants-jeunes (3)

Chacun avait au moins deux responsabilités, pour un total de 30 personnes.

En conclusion, les paroles de Paco Bastida (M.C.E.P.)
«Longue vie à la R.I.D.E.F. !
Parmi beaucoup d’autres choses, une R.I.D.E.F. constitue un partage d'expériences éducatives avec des professionnels du monde entier, une somme de nouvelles expériences, la recherche d'alternatives pour l'école afin d'infléchir la tendance oppressive de notre monde maitrisé par d'obscures puissances mais que nous avons bien identifiées ; l'écoute et les échanges d'opinions avec des camarades qui vivent très loin, que nous n'avions pas vu depuis longtemps, avec lesquels nous renouons des contacts ; crier encore pour la paix, l'égalité entre les sexes et de respect mutuel ; promouvoir et développer une réflexion pédagogique inégalée ; goûter, après une journée d'intense travail, des expériences culturelles en soirée ; le tout dans un contexte international unique et qui met à rude épreuve les organisateurs. Nous avons le devoir de veiller à ce que ces rencontres ne disparaissent pas. Pour tout cela et pour beaucoup d’autres choses encore, longue vie, intense, fructueuse, solidaire, à notre R.I.D.E.F.!
Nous souhaitons la bienvenue à nos amis et amies d'Italie, et nous apprécions les efforts déployés à ce jour pour reprendre le flambeau.»
(Journal n ° 8)

Un grand merci à Pilar, Charo, Luciana, César, Pablo, Itziar, Hortensia, Juanjo, Isabel, Elena, Charo, Begoña, Marino, Juan, Teresa, Maria Eugenia, Pilar, Carmen, Emiliano et à tous ceux qui ont nous consacré leur été.

Giancarlo Cavinato

[Traduction de Léonard DL à partir du texte en italien - oct 2012]

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