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Lettre de la Présidente avril 2014

 

Engagement et Cohérence
 
Le CA de la FIMEM vient de tenir sa réunion annuelle et pour autant à réfléchi et débattu sur notre mouvement international et notre prochaine rencontre, RIDEF 2014 en Italie.
 
Le futur de la FIMEM, comme toute organisation démocratique et coopérative, dépend de la réponse que nous pouvons apporter aux problèmes actuels et, tout en étant en même temps, conscients de nos racines, de la philosophie de vie et des principes pédagogiques qui sous-tend notre mouvement. Les techniques Freinet sont en pleine actualité, mais le problème de faire seulement les techniques persistent depuis la création de notre mouvement et doit nous amener à réfléchir sur la façon d'être bien visibles, à chaque RIDEF; qui sommes-nous, d'où venons-nous et où cherchons nous à aller.
 
L’École Moderne, en plus d'être une philosophie de vie, basée sur la démocratie, la coopération et l'égalité, est un mouvement socio-pédagogique de recherche et d'innovation, pour transformer la société, et y mettre en commun nos pratiques enseignantes, pour les changer et les améliorer.
 
Nous vivons dans une situation de retour au conservatisme social et pédagogique, et ce n'est pas, en cela, facile d'obtenir que la philosophie de l’École Moderne se renforce et s'étende. Nous enseignants et enseignantes de cette philosophie, en plus d'être cohérents, dans notre vie professionnelle, personnelle et sociale, avec les principes d'équité et de respect que nous défendons, nous ne pouvons assumer un simple rôle d’agents de la reproduction sociale. Conscients des difficultés actuelles, nous assumons le compromis éthique de travailler dans nos écoles, à l'intérieur de nos mouvements et avec les autres organisations sociales pour la défense des Droits de l'Homme, pour la reconnaissance des femmes comme êtres humains avec le droit d'avoir une propre vie, pour le droit des petites filles de recevoir une éducation qui développent toutes leurs potentialités et de recevoir un égal traitement au tant que leurs compagnons masculins.
 
Dans nos rencontres internationales, la coopération entre enseignants Freinet du monde nous a permis d'affirmer notre volonté de construire une école populaire; dans laquelle garçons et filles peuvent acquérir le savoir qui les rendra plus libres, plus responsables, capables d'observer de manière critique son environnement, pour le transformer en une société plus humaine et plus juste.
 
La vie de la FIMEM est la vie de ses mouvements. Chaque mouvement, de même que chaque enseignant Freinet doit se demander si ses actions sont cohérentes avec les techniques et l'esprit de l'Ecole Moderne. Ce n'est pas seulement la classe dont on a la charge qui doit avoir une organisation coopérative et fonctionner démocratiquement, mais aussi les mouvements. Si les mouvements de la FIMEM ne sont pas organisés de façon qu'ils aient une participation démocratique, égale, sans espaces de pouvoir et sans privilégier personne, alors ils ne peuvent pas se proclamer de l’École Moderne.
 
Chaque mouvement, en plus de coopérer avec les divers mouvements de la FIMEM, collabore, dans sa communauté, avec ceux qui travaillent pour la liberté et la solidarité, en dirigeant son action sociale dans la même direction, pour approfondir et étendre les comportements démocratiques, en s'opposant aux injustices et à toutes les situations qui vont contre la dignité de la personne.
 
Une nouvelle RIDEF approche, le mouvement organisateur et le CA de la FIMEM ont travaillé pour que les éducateurs du monde entier puissent se rencontrer dans les meilleures conditions possibles et puissent confronter leurs pratiques éducatives, débattre et trouver des moyens de lutte pour s'opposer à la privatisation et à la commercialisation de l'éducation. Ainsi nous nous sommes demandés si la participation à nos rencontres internationales ne nous avait pas permis d'avancer grâce aux thèmes proposés, par exemple: la RIDEF de Saint-Herblain (Nantes) nous a permis de contribuer à une meilleure préoccupation pour la sauvegarde de la planète, ou bien que nous travaillons plus intensément pour les droits des filles et des femmes, depuis la rencontre de León.
 
L'axe de toutes les activités qui se dérouleront à Reggio Emilia sera «Regards qui changent le monde. Habiter tous ensemble les villes des filles et garçons» qui est le thème de la RIDEF 2014.
 
La participation démocratique des filles et des garçons pour les décisions qui les concernent, est à la base de la pédagogie Freinet (Invariant n°27). Les ateliers longs et courts, les conférences et la présentation d'expériences, nous permettra de mettre en commun les apports des enseignants du monde entier sur la participation des enfants à la prise de décision, non seulement à l'école, mais aussi dans la ville, dans la famille, et dans tous les espaces qu'ils fréquentent. Et nous retournerons dans nos pays respectifs avec un enthousiasme renouvelé, pour impulser la démocratie dans nos communautés.
 
En Italie, le livre «Nous ne pouvons pas nous taire», écrit et illustré avec des enfants de nos classes, sera présenté et donné aux participants et participantes qui les emmèneront à l'école et dans leur mouvement pour continuer le travail sur les Droits de l'Enfant. Aussi seront remis les dossiers de la RIDEF 2012, qui nous rappellera notre engagement pour éduquer de façon égale filles et garçons et éradiquer la discrimination envers les filles et les femmes.
 
Lors de la prochaine RIDEF, il y aura un débat sur «Laïcité, Religion et Charte de l’École Moderne». La laïcité, en suivant le sens qu'en donne la Charte de l’École Moderne, c'est de travailler pour les valeurs de justice sociale, pour la liberté d'expression, la démocratie, la dignité humaine et le respect et la promotion des droits de l'Homme. C'est le contraire du fanatisme, du dogmatisme, de la superstition, de la pensée unique et des valeurs absolues.
 
Promouvoir l'esprit critique, le doute, chez nos étudiants, c'est les former pour qu'ils agissent sans que personne ne leur dicte ce qu'ils doivent penser et faire. En ce sens, la laïcité est la liberté et la construction de la citoyenneté.
 
Il ne s'agit donc pas d'opposer les termes de laïcité et religion, mais de réfléchir sur les valeurs qu'en tant qu'enseignants nous inculquons, tant de façon explicite que de manière implicite.
 
Nous venons en Italie avec la valise bien remplie de désirs pour partager la vie de nos écoles, pour participer aux Assemblées de notre fédération et faire avancer nos projets communs, pour atteindre l'école et la société que nous cherchons.
 
A bientôt!
 
Pilar Fontevedra