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Réédition-Lettre de la présidente 2019

 

 
Réédition-Lettre de la présidente 2019
« Devenons le changement que nous voulons voir »
Mahatma Gandhi
 
Cette dernière lettre de la présidente se veut une sorte de legs, un héritage professionnel consacré à cette Fédération Internationale des Mouvements d’École Moderne (FIMEM) qui a tant à offrir mais qui a aussi plein de potentiel peu ou mal exploité.
Après six années de présence à son Conseil d’Administration (CA), le moment est venu pour les « bilans/prospectives". Je vais donc rappeler et partager ici quelques actions qui m’ont à la fois réjouie, préoccupée ou déçue au cours de toutes ces années. Je reprendrai également quelques commentaires de Giancarlo Cavinato (bilan de mes 6 dernières années au CA) et de Pilar Fontevedra (Infor #65) parce que je les partage et qu’ils sont malheureusement toujours d’actualité.
Comme je l’ai fait tout au long de mon mandat, c’est au fonctionnement interne de la FIMEM et de son CA sur lequel j’ai porté mon regard. Plus notre participation, notre mobilisation et notre engagement seront perceptibles à ce niveau, plus notre impact et notre influence à l’externe seront incontournables.  Dans cet ordre-là, ne vous trompez pas.
Je commencerai bien sûr avec nos étoiles… toutes nos formidables avancées qui ont fait « jaillir la source » et  « donner du tirage » à notre « coopérer ensemble ».
Puisqu’il le faut, je proposerai également des souhaits sur lesquels l’Assemblée Générale (AG) et son Conseil d’Administration (CA) devront  se pencher et trouver des solutions pour les années à venir.
Nous sommes particulièrement fiers des 12 commissions qui sont déjà mises en branle et nous tenons à remercier toutes les personnes qui s’y sont déjà engagées (souvent les mêmes cependant) pour leurs innombrables contributions. Très apprécié !
Soulignons aussi l’extraordinaire apport de notre groupe de «  Sages » pour leur soutien indéfectible. Sans leur connaissance approfondie du fonctionnement de la FIMEM, du CA, de la comptabilité, de l’historique, du rappel des décisions prises, …), la continuité du travail aurait été très difficile, voire impossible à assurer. Toute notre gratitude et reconnaissance seront exprimées dans cette Infor # 72.
Nous devons aussi mentionner l’équipe internationale de soutien qui affiche toujours « présente » lorsque le besoin de mettre la main à la pâte est interpellé. Depuis 2016, cette équipe spontanée, talentueuse et efficace a été d’une aide précieuse avant, pendant et après les Ridefs.
Un virage vers plus de communication, plus d’efficacité et plus de reddition de comptes a animé le CA au cours de ces dernières années. Un coffre à outils organisationnels, de plus en plus garni, facilitera, nous l’espérons, le travail de nos successeurs.
Des relances auprès d’anciens membres Fimem et des prises de contact auprès de nouveaux pays ont favorisé la création de groupes de travail qui agrandiront éventuellement la grande famille de la Fimem. Nous en sommes ravis.
Nous avons été de plus en plus présents dans les grands événements internationaux en y déléguant des représentants de la Fimem. Nous avons également alloué des aides financières à différents projets de formation et de recherche en pédagogie Freinet.
Malgré ces bonnes nouvelles, beaucoup de choses restent à faire
La vie de la FIMEM, c’est d’abord et avant tout,  la vie de ses mouvements. Leur engagement est essentiel à l’évolution et à la pérennité de la Fimem. Ils nous semblent encore trop silencieux et trop peu investis dans leur milieu respectif, auprès des autres Mouvements et de leur Fédération.
La Fimem c’est bien plus que les Ridefs, bien plus que des individus fidèles et engagés; il faut des Mouvements qui supportent leur membres et apportent une contribution à leur mesure  … si minime soit-elle. Répondre aux courriels serait déjà un bon début.
Et le CA n’est pas en reste : 3 démissions en 6 ans.  Bien que stipulé dans les statuts de la FIMEM, un seul Mouvement a suggéré un remplaçant à leur démissionnaire.
 
Hélas, ce n’est souvent qu’après avoir été élus que les nouveaux membres réalisent que l’ampleur du travail est difficilement conciliable avec leurs  obligations professionnelles, personnelles ou familiales. À chaque fois donc que cette situation se présente, le CA doit entreprendre des démarches individualisées pour solliciter des bénévoles et reprendre la répartition des dossiers impartis à chacun. Sylviane Amiet (Suisse) et Flor Zaldumbide (Mexique) se sont respectivement jointes au CA, l’une en 2014 et l’autre en 2018. Nous les remercions pour leur disponibilité et leur motivation à contribuer au développement de la FIMEM et au bon fonctionnement de son CA.
 
Face à ce constat, souvent récurrent et toujours déstabilisant, j’émets l’hypothèse que l’engagement, l’implication, l’apport et la disponibilité requis pour tout travail administratif au sein de la Fimem ne sont peut-être pas assez connus, compris et acceptés avant que les Mouvements proposent la candidature d’un des leurs et que l’AG les élise.
 
Il arrive donc souvent que la prise en charge du travail et le souci constant pour  faire avancer les travaux ne reposent seulement que sur quelques personnes.
 
Comme toutes les tentatives de solutions ont été vaines, ce problème a été soulevé à l’AG de Dogbo. À mon grand étonnement,  cette dernière  a  refusé d’entrer en matière. N’est-ce pas la fonction même des conseils de classe (ici l’AG) d’accueillir et de traiter les problèmes si  les parties concernées n’ont pas réussi à résoudre la difficulté de manière satisfaisante, en amont ?
 
En 2020-2022, à l’AG du Canada, il ne restera qu’un membre élu (Lanfranco) qui poursuivra  son mandat au CA jusqu'en 2022. Nous espérons que chaque Mouvement portera une attention spéciale aux candidats qu’ils recommanderont à l’AG car c’est à ces personnes  qu’incomberont la gestion et la réalisation des orientations que vous confierez à votre CA. 
 
Bien sûr, les nouveaux candidats méritent qu’on consacre temps et efforts à leur accueil et intégration. À la Ridef 2018, nous avons invité les futurs candidats à participer aux Skypes mensuels et à travailler avec nous à la préparation de l’AG, 3 jours avant l’ouverture de la Ridef. Cette opportunité n’a pas été saisie en 2018 mais on la réitérera en 2020. 
 
Pour faire avancer tous les dossiers malgré la distance et diminuer ainsi les coûts des rencontres en direct,  le CA tient des rencontres mensuelles Skype depuis 2016.
 
Lamentablement, nous ne sommes presque jamais tous en ligne ... difficultés de connexion, priorisation  d’autres engagements familiaux, professionnels ou personnels,  soucis de santé,…
 
De plus, les règles de fonctionnement librement consenties, validées par tous et plusieurs fois répétées ont peu d’impacts sur les comportements. Ce qui fait que nous avions du mal à livrer, en qualité satisfaisante et dans des délais raisonnables, les dossiers dont nous avions accepté la responsabilité. 
 
Malgré l’aide, le support, les modèles et l’accompagnement individualisés offerts aux Comités organisateurs des Ridefs, par le CA, les deux dernières Ridefs (2016 et 2018) se sont soldées par un déficit. Décalage énorme entre l’énergie consentie et les résultats obtenus.
Je ne peux conclure cette lettre sans parler du déroulement et de la structure de nos AG. Selon moi, il faut repenser la façon de préparer et de tenir cette activité-clé de la Fimem. L’animation de grand groupe exige que l’on accorde à la présidence d’Assemblée une plus grande part de leadership au niveau de la procédure. Le mode de fonctionnement devrait faciliter l’expression et l’écoute de tous les contenus apportés à l’AG, dans un délai raisonnable et à la satisfaction de la majorité des membres. 
La procédure suggérée par la présidence de l’AG pourrait donc être préparée et proposée en tout début de rencontre. Après validation (avec ou sans modification), la présidence sera ainsi légitimée de la faire appliquer tout au long de la rencontre. Ce leadership de procédure a bien sûr une fonction de service et non d’autorité.
Ce mode de fonctionnement pourrait proposer entre autres qu’un délégué ne peut être nommé président d’Assemblée, ni voter plus d’une fois sur chaque proposition (ex : une personne, un vote). 
Conclusion
Je ne peux conclure sans affirmer haut et fort l’urgence d’interpeller la trop grande discrétion et quasi-inertie de plusieurs Mouvements-membres de notre Fédération… entre les Ridefs surtout.
Pour paraphraser le fameux « Comment osez-vous ? » de Greta Thunberg dans son intervention, à l’ONU, sur le climat, je lance aujourd’hui ce cri d’urgence à tous les Mouvements de notre Fédération afin que chacun s’engage, à sa mesure, à poser des gestes concrets de communication, de mobilisation, de formation, de soutien, d’accompagnement, de promotion et de recherche de financement avec et pour leurs membres. L'avenir de la Fimem dépend d’abord et surtout de vous!
 
Un avenir prometteur et pérenne pour la FIMEM!
On se reparle de tout cela au Canada, en  2020, c’est un rendez-vous!
 
Mariel Ducharme  
Présidente de la FIMEM de 2016-2020 , Canada/Québec- octobre 2019