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« Les jeunes ne sont pas un danger, ils sont en danger »

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La proposition de baisser l’âge d’imputabilité avance

  
 
Il est évident que ces dernières années notre pays est face à une campagne de criminalisation de la pauvreté, encouragée par le système politique et les médias. D’une part, depuis le gouvernement à travers du Ministère de l’intérieur, de nombreuses méga opérations de la police ont été mises en place dans les quartiers sensibles. Il s’agit de pénétrer et perquisitionner les maisons pauvres sans prendre en compte les Droits des personnes qui y habitent. D’une autre part, « l’opposition » prétend baisser l’âge d’imputabilité pénale des adolescents de 18 à 16 ans. En prenant pour prétexte l’INSECURITE, mot que nous écoutons constamment ou lisons dans les médias, d’une manière sensationnaliste fait référence aux adolescents comme les « mineurs », au point où ce mot impliquerait la délinquance. De cette façon, on cherche que les délits commis se reportent aux adolescents, en affirmant que ceux-là son coupable de l’INSECURITE.
 
Cependant, selon les statistiques de la Cour Suprême de la Justice, « l’infraction des adolescents représente 5,9 % des délits qui ont eu lieu en Uruguay » à partir de ce pourcentage, seulement 2% sont contre des personnes (homicides ou crimes sexuels) puis 98% sont contre la propriété privée (vols ou cambriolage). Si 94,1% des délits ne sont pas commis par des mineurs, pourquoi affirme-t-on que la solution du problème sera de baisser l’âge d’imputabilité ? Le fait de juger les adolescents comme les adultes éviterait que ceux-ci ne commettent pas de délits ?
Ne devrait-on pas nous préoccuper davantage du fait d’éduquer plutôt que réprimer ? 
Il est certain que dans les pays où ce type de mesure a été mis en place, cela a provoqué d’appliquer leur force de police répressive la plus dure sur les jeunes, en générant plus de violence. C’est peut être cela que l’on recherche ?
Le sénateur et ex-président Luis Alberto Lacalle, lors d’une émission télévisée, a déclaré : « à ceux-là, juste leur dire : c’est fini la récré. Ici on commence à être ferme. Et s’il faut tirer, on va tirer. Et s’il faut aller en prison, en prison ». On dirait que Lacalle oublie sa responsabilité en appliquant une politique économique qui a généré un taux très important de chômage et a marginalisé des milliers d’uruguayens.
 
Un des autres responsable de cette réforme, est le Sénateur Pedro Bordaberry (*2) qui a affirmé que « c’est la meilleure proposition qu’il existe pour vivre en paix ».
Il est étrange de l’entendre de parler de paix, étant donné qu’il s’oppose à l’annulation de la Loi de Caducité, qui empêche de juger les responsables des crimes et des disparitions pendant la dictature militaire, en défendant même son père, un des principaux responsables politiques du terrorisme d’état. Les familles de victimes de la dictature ne méritent pas de vivre en paix et que la justice fasse son travail ? Son père et Lacalle ne sont pas responsables de la marginalisation de milliers de familles ? La dictature ne prétendait pas seulement mettre fin au progrès du mouvement populaire, mais aussi instaurer des mesures néolibérales en créant plus de pauvreté avec plus de liberté.
 
La campagne de collecte de signatures a prouvé qu’elle était « trompeuse », pas nette. Premièrement, les responsables de cette initiative nous mentent en nous disant SIGNER POUR VIVRE EN PAIX et dans de nombreuses situations ils cachent leur vrai objectif. Qui ne veut pas vivre en paix ? Deuxièmement, les adolescents en Uruguay sont responsables pénalement depuis l’âge de 13 ans, selon la Convention des Droits de l’Enfant, ratifiée par l’Uruguay en 1991 ainsi que l’adéquation du Code de l’enfance et l’adolescence en 2004 adopté par le Parlement uruguayen. Notre pays a un système pénal de la jeunesse qui régule les comportements de délinquance commis par les adolescents en respectant les accords internationaux. Selon ces normes, les peines peuvent atteindre 5 ans de privation de liberté. Par ailleurs, la Convention établie, à travers les articles 1, 37 et 40, qu’aucun mineur peut être jugé comme un adulte. Cela veut dire que si l’on approuve cette réforme, notre Constitution violerait les accords internationaux déjà signés.
  
Notre pays a commencé à recevoir des plaintes du côté des organisations internationales. Par exemple UNICEF a envoyé au gouvernement uruguayen une lettre où elle manifeste que : « n’importe quelle modification à la législation nationale qui permette de juger les adolescents mineurs de 18 ans comme les adultes, sera prise comme une violation aux accords signés par l’Etat uruguayen devant la communauté internationale.
 
Il est évident que la privation de la liberté ne contribuera pas au progrès des adolescents, le système pénitentiaire ne suffit pas à la réhabilitation, rééducation et resocialisation. Bien au contraire, les jeunes apprennent comment accentuer les comportements qui les ont emmenés jusque là.  
Au lieu d’enfermer les jeunes qui commettent des délits, il faudrait réfléchir à des peines alternatives. L’enfermement n’éduque pas. Selon les statistiques, 80 % des jeunes privés de liberté récidivent, alors que pour ceux qui passent par des programmes spécialisés en mesures non privés de liberté, 30 % récidivent. Malgré que ce soit évident que les jeunes qui sont privés de liberté ont commis des délits plus grave, les statistiques montrent que dans la majorité des cas, la prison ne résout pas le problème des mineurs délinquants.
 
Pourquoi les responsables de cette initiative stigmatisent-ils les jeunes comme si le fait de l’être serait synonyme de délinquance ? On estime que dans notre pays, il existe environ 260 mille jeunes de 13 à 17 ans, parmi lesquels près de 500 commettent des délits, ce qui représente 0,002 % du total. Pourquoi au lieu de baisser l’âge d’imputabilité, ils ne se préoccupent pas de baisser la pauvreté infantile ? Même si ce pourcentage a baissé, elle atteint 37,8% chez les enfants de 6 ans.
 
Par ailleurs, ceux qui affirment que les adolescents sont capables d’être jugés comme des adultes, s’opposent au fait que ceux-ci reçoivent les bénéfices des adultes, c’est-à-dire, en niant la possibilité de voter, conduire, se marier ou changer de sexe. Il est clair qu’il existe une dualité de critères qui prétendent renforcer la répression, sans générer des droits à partir d’une prétendue capacité de réflexion concernant ses actes.
 
Il est évident que pour les personnes qui prennent cette initiative, ce thème a pour conséquent des intérêts politiques électorales, les médias ont créé l’illusion que les « mineurs » sont les coupables de l’INSECURITE et selon les statistiques, la plupart des uruguayens est d’accord pour baisser l’âge. L’élection du système de réforme constitutionnelle en même temps que les élections présidentielles n’est pas un hasard. Il est nécessaire de prendre des initiative afin de freiner cette menace, qui a déjà augmenté dans d’autres pays sans aucun résultat positif.  
 
 
(*1) Emission QUIEN ES QUIEN (qui est qui) – Télévision  Nationale de l’Uruguay
(*2) Emission nyc – Télévision  Nationale de l’Uruguay
(*3) Pedro Bordaberry fils de Juan María Bordaberry : Président constitutionnel de la République, en 1973, responsable du coup d’état qui a donné lieu à des centaines de disparus et des milliers de prisonniers politiques.
 
Pablo Gadea

 

 

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